03.06.2007

Les Directeurs d'écoles nous interpellent

Madame la candidate, Monsieur le candidat,

De par votre fonction, vous connaissez le malaise des directeurs d'école. Vous n'ignorez pas que, bon, mal an, entre 4 000 et 5 000 écoles ne sont pas pourvues d'un directeur. Certes, l'Administration réussit à "persuader" des enseignants à occuper la fonction délaissée. Quitte à y placer, de plus en plus souvent, de jeunes professeurs des écoles sortant de l'IUFM. Ces derniers doivent alors diriger une école tout en apprenant leur métier d'enseignant. Dans tous les cas, ces "directeurs malgré eux", bien que consciencieux, travailleurs et talentueux, ne donneront pas le meilleur d'eux-mêmes. Il leur manquera formation, expérience et motivation.

Nous avons décidé de nous adresser aux futurs élus de la Nation car ce malaise persistant depuis des années ne cesse de s'aggraver. En mai 2006, Monsieur Gilles de Robien a signé un protocole d'accord avec un seul syndicat enseignant. De fait, il considère que la grève administrative entamée en 1999 doit cesser. Pour y parvenir, il annonce des retenues de salaire de l'ordre de 100 euros par jour. Cette somme supérieure à ce que gagne un directeur est à rapprocher de "l'augmentation de 20 %" de l'indemnité de direction accordée au titre de ce protocole, soit environ 51 centimes par jour !
Nul doute qu'avec de tels arguments, notre ministre parviendra à ses fins. Mais aura-t-il, pour autant, réglé le problème de la direction d'école ?

Depuis 30 ans, aucun des ministres de l'Education nationale n'a jamais apporté de véritable réponse à la crise des directeurs d'école. Chacun d'eux a loué le travail des directeurs, affirmé sa volonté d'en réduire la charge. Mais aucun d'eux n'a accepté de les doter d'un statut reconnaissant la spécificité de leur métier, demande aujourd'hui incontournable comme le démontre la consultation Ifop (citée ci-après) dans laquelle
93 % des directeurs réclament un statut.
A l'initiative du GDID - http://wwww.dirlo.org - (Groupement de Défense des Intérêts des Directeurs), l'association nationale des directeurs d'école, plus de 42 000 d'entre eux ont été en effet consultés en septembre 2006.

Dans sa synthèse, l'Ifop souligne le taux de retour exceptionnellement élevé de cette consultation : plus de 10 000 réponses !

Les principaux enseignements sont édifiants. Ils contredisent, sur des points importants, les positions et les déclarations du ministre.

Nous reproduisons, ci-dessous, quelques-unes des réponses de cette consultation. Vous les retrouverez, en intégralité, sur le site de l'Ifop, à l'adresse suivante :
http://www.ifop.com/europe/sondages/opinionf/consultationdirecteursecoles.asp

"La quasi unanimité des directeurs (95 %) souhaite une définition plus claire et plus précise des tâches et responsabilités de la direction d'école".

"73 % se prononcent en faveur de la reconnaissance du métier de directeur d'école".

"76 % des directeurs demandent la création d'un statut d'établissement garantissant une parité de moyens entre les écoles".

"93 % des répondants se déclarent favorables à la création d'un statut non hiérarchique de la direction d'école venant reconnaître le métier de directeur d'école et définissant de manière claire et limitative leurs tâches et leurs responsabilités".

Les mesures proposées par le ministère sont également très critiquées :
"Une très large majorité (80 %) des répondants estime que les EVS (emplois vie scolaire) recrutés sans formation ni diplôme minimum requis ne pourront pas vraiment soulager la charge de travail du directeur".

"94 % des directeurs s'accordent pour dire qu'il sera difficile de déléguer à ces jeunes sans expérience ni formation préalable une grande partie des tâches du directeur".

"Quant à l'utilisation de PE2 (étudiants en IUFM), on juge qu'elle améliorera sensiblement le régime des décharges pour 37 % des répondants. 63 % expriment l'opinion contraire".

Conscient que le problème n'est pas réglé, Monsieur Gilles de Robien a invité, début octobre, les partenaires sociaux à de nouvelles tables rondes pour poursuivre les discussions. Parmi les thèmes proposés par le ministre : le statut du directeur.

Parce que le devenir de l'Ecole, premier service public de proximité, concerne la nation, nous pensons qu'il est du devoir des élus de se pencher sur ce problème et de faire adopter une proposition de loi instituant un statut de directeur d'école.

Vous remerciant de l'intérêt que vous porterez à nos revendications et à l'avenir de l'école de la République,
Nous vous prions de croire, Madame la candidate, Monsieur le candidat, en l'assurance de nos salutations républicaines.

Le GDID ( Groupement de défense des intérets des directeurs)

Commentaires

Passionnant cet article, cela devrait intérésser les 213 directeurs d'écoles de la circonscription.

Ecrit par : Jean-François | 03.06.2007

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